Punjab



Punjab  
Amritsar Temple d'Or
  Temple de Durgiana
  Jallianwala

••••••••••••••••••••••••••••••

Photos en bas de page / Pictures down

Le Punjab

Le Punjab, l'Etat des Sikhs, ne recouvre qu'une faible partie de l'ancien Punjab qui comprenait l'Haryana, l'Himachal Pradesh et une partie du territoire pakistanais. Il couvre actuellement 78 000 km2. La religion sikh est pratiquée par plus de la moitié de la population, la langue la plus parlée est le punjabi.

En 1947, la partition attribua partie à l'Inde partie au Pakistan (créé à cette occasion), ce qui constituait jusque là la province du Raj britannique du Punjab. La partie occidentale, peuplée majoritairement de musulmans, revint au Pakistan pour former l'état du Punjab pakistanais, tandis que la partie orientale, majoritairement sikh et hindoue, revenait à l'Inde.

Plusieurs petits états princiers, dont celui de Patiala, intégrèrent aussi la république indienne. En 1950, deux Etats Punjabi furent créés, le Punjab proprement dit, sur le territoire de l'ancienne province, et le "Patiala and East Punjab States Union" (PEPSU) regroupant les anciens Etats princiers. Enfin, en 1956, le PEPSU fut réuni au Punjab, tandis que plusieurs districts himalayens traditionnellement Punjabi furent dissociés et rattachés à l'Himachal Pradesh.

Le Penjab est donc bordé à l'ouest par le Pakistan, au nord par le Jammu et Cachemire, au nord-est par l'Himachal Pradesh, au sud-est par l'Haryana et au sud par le Rajasthan. Sa capitale est Chandigarh (également capitale de l'Haryana), une cité récente conçue par Le Corbusier (pour compenser la perte de Lahore, l'ancienne capitale du Punjab, maintenant en territoire pakistanais), mais la ville la plus importante reste Amritsar.

Le Punjab est le plus riche Etat agricole de l'Inde. On y produit du blé, du riz, du coton, de la canne à sucre et le tiers du lait indien.

Amritsar

Le chemin le plus court et le plus simple pour aller de Delhi, la capitale de l'Inde, vers Amritsar (ou en revenir) reste le chemin de fer. En 6 heures, le Shatabdi express parcourt les 450 km, un excellent score en Inde (d'autres trains sont moins véloces...).

Certes, on vient à Amritsar pour goûter à l'incomparable Temple d'Or des Sikhs, mais nulle raison pour ne pas visiter quelques autres lieux vénérables de cette opulente cité.

Le Temple d'Or

Le nom Amritsar dérive de "Amrita Saras" (Etang de Nectar, ou encore Bassin de l'Immortalité). En 1574, le 4ème guru, Ram Das, fit creuser ici un étang pour contenir le nectar sacré. Au milieu de cet étang, le 5ème guru, Arjun, fit construire le premier sanctuaire sikh, qui prit le nom de Har Mandir, ou Darbar Sahib (Cour du Seigneur). C'est, selon la tradition, l'endroit où Guru Nanak méditait; il y déposa, en 1604, la version originale du livre sacré des Sikhs, le Granth Sahib ou Adi Granth.

Pour être admis à pénétrer dans l'enceinte, il faut au préalable laisser ses chaussures au vestiaire, se couvrir la tête et passer par un pédiluve. On entre alors dans l'immense cour intérieure et l'on est immédiatement sous le charme du lieu, saisi par la beauté et la magnificence du temple. Brillant des mille feux de son dôme et de ses murs recouverts de plaques dorées, il semble flotter sur l'eau du vaste bassin au centre duquel il se dresse. Le flux des visiteurs et pèlerins fait paisiblement le tour du bassin, foulant le sol de marbre blanc de la promenade (parikrama) qui le longe sur les quatre faces, se prosternant parfois de tout leur long en direction du temple. On peut admirer sans fin les jeux de lumière sur l'eau et les reflets du temple. Les dalles de marbre sont constamment lavées par des dévôts au service du temple. On y déroule, sur le côté, un immense tapis vert.

Au bout d'un moment, on ne peut qu'être capté par l'harmonie et l'ambiance de ferveur.

Appelé aussi Hari Mandir Sahib, le Temple d'Or doit son nom à sa couverture dorée à l'or fin ordonnée par le mahârâja Ranjit Singh au 19ème siècle.

Pour accéder au saint des saints, on s'avance, en faisant la queue, sur la passerelle de marbre longue de quelque 60 mètres. On aura auparavant acheté au comptoir ad hoc, facile à trouver, pour une somme modique, l'offrande d'un prasad, que l'on doit déposer à l'entrée, pour en recevoir aussitôt un autre dans une coupelle.... On pénètre dans le temple par la porte Ouest mais il est ouvert sur ses quatre faces. En pénétrant au coeur du temple, on se rend compte que le Livre Saint est enfermé dans un coffre richement orné. De part et d'autre, des musiciens et des récitants psalmodient le texte.

L'édifice (photos interdites à l'intérieur, mais pas sur la terrasse) comporte trois étages que l'on peut parcourir. Ses murs intérieurs, en marbres de diverses couleurs, sont incrustés de pierres semi-précieuses ou de nacre. Arrivé sur la terrasse, on admire la coupole d'or en forme de lotus inversé, brillant de mille feux.

Toute la journée, le temple résonne des hymnes du livre sacré psalmodiés par des lecteurs et diffusés par les haut-parleurs. Le soir, le livre est emporté sur un palanquin pour la cérémonie du coucher dans l'Akal Takht. Il n'y a pas vraiment de pèlerinage sikh; toutefois la célébration de l'anniversaire du Granth Sahib, le livre sacré des Sikhs, peut être considérée comme le pèlerinage d'Amritsar. Les pèlerins affluent du monde entier et à longueur d'année.

Détruit par les afghans en 1757, le temple fut reconstruit en marbre en 1765, puis embelli ultérieurement à l'aide de feuilles d'or. Malheureusement, la version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne, lors de l'impitoyable répression, le 4 juin 1984, de l'insurrection d'une frange de fondamentalistes Sikhs qui revendiquaient l'indépendance du Punjab et s'étaient retranchés, fortement armés, dans le temple.

Moins de cinq mois plus tard, le 31 Octobre, Indira Gandhi, le premier ministre de l'Inde, fut assassinée par deux de ses gardes sikhs en représailles.

Le Temple d'Or est entouré d'un vaste complexe comprenant :

des gurdwârâ (lieux de culte Sikh) dont l'Akal Takht (ou Trône de l'Immortel)
des langar (réfectoires) où des repas gratuits sont offerts aux pèlerins (quelque 10000 repas par jour !),
un musée, etc.

L'Akal Takht, bâtiment massif de cinq niveaux, fut construit par le 6ème Guru, Sri Hargobind, en 1609 puis complété en 1774 et plus tard. Il se trouve à l'Ouest du temple sur une place pavée de marbre, face à la porte fortifiée, le Darshni Deori, qui donne accès au Temple d'Or. L'Akal Takht est le siège principal de l'autorité religieuse Sikh et de l'assemblée politique Sikh. Celle ci promulgue des édits (hukamnama) qui, en particulier, clarifient des points de doctrine Sikh et de pratique, ainsi que tous les aspects des services rendus par les fidèles à la communauté ou pour le bien de la cause du Sikhisme. L'Akal Takht fut lourdement abîmé par les tirs des chars en 1984 mais bien entendu restauré depuis.

Le musée se trouve au premier étage du bâtiment par lequel on pénètre dans l'enceinte. Il relate, par de nombreux tableaux réalistes, les évènements historiques souvent douloureux et sanglants qu'a du subir cette communauté pour assumer sa foi spécifique, face aux Hindous et aux Musulmans. On comprend pourquoi les Gurus du passé avaient des armes redoutables et pourquoi les Sikhs actuels portent un petit poignard symbolique caché dans leur turban...

Temple hindou de Durgiana

Ce temple porte aussi le nom de temple de Shri Lakshmi Narayan. Situé à l'extérieur de la Porte de Lohgarh, il est dédié à la déesse Durga et trouve ses origines au 16ème siècle, bien que le bâtiment actuel ne date que de 1925. Dautres divinités y sont également vénérées (Lakshmî, déesse de l'abondance et Narayana, une forme du Seigneur Vishnu). Le complexe du temple est vaste et comporte, comme le Temple d'or, un vaste bassin sacré au centre duquel se dresse le temple. La ressemblance avec le Temple d'Or est frappante, bien que moins opulent; en 2004, le dôme extérieur et les piliers des sanctuaires centraux ont été recouverts d'une feuille d'or (3 kg de ce métal furent nécessaires à l'opération).

On pénètre dans le complexe du temple par un grand porche fortifié (Darshni Deori), dont le plafond est orné de mosaïques et les murs latéraux creusés de deux niches où sont installés à droite Ganesh, à gauche Durga. On débouche alors sur la passerelle qui traverse le bassin sacré pour accéder au temple proprement dit.

Pénétrant dans le mandapa, on se rend compte de la présence de trois cellas qui font face au visiteur. On y vénère, au centre Vishnu Narayana, à droite Rama, accompagné de son épouse Sita et de son fidèle frère Lakshmana, à gauche Krishna accompagné de la belle Radha. Les trois entrées, la frontale et les deux latérales, se ferment par de remarquables portes en argent aux plaques gravées de divinités. Le plafond est peint. Aux angles extérieurs, ont été positionnées de gracieuses statues de marbre de divinités.

Le Jallianwala Bagh (Jardin Jallianwala)

Le Jallianwala Bagh, à 400 mètres du Temple d'Or, est un haut lieu de mémoire. C'est dans ce jardin que le 13 avril 1919, un groupe de 90 soldats indiens de l'armée britannique, commandés par Reginald Dyer, général de brigade qui reçut ensuite le nom de "boucher d'Amritsar", ouvrirent, sans sommation, un feu nourri (1650 balles furent tirées en dix minutes) sur un rassemblement pacifique et non armé d'hommes, femmes et enfants, qui s'étaient retrouvés pour la célébration de la fête religieuse de Baisakhi; il est vrai qu'ils avaient manifestés quelques jours auparavant contre la politique de l'occupant et que, de ce fait, le rassemblement de Jallianwala Bagh avait été interdit par les autorités.

C'est l'un des plus brutaux et des plus douloureux chapitres de l'histoire de l'Inde sous la férule coloniale britannique, dans sa quête de l'indépendance. Quelque 379 personnes (plus 1000 blessés), selon les rapports officiels, mais plus probablement au moins 1000-1200 (et quelque 1800 blessés), y laissèrent leur vie.

Le Jallianwala Bagh est, de nos jours, un calme espace de recueillement au milieu de la ville bourdonnante alentour. Les murs gardent encore les tracs des balles de jadis et l'on frémit en voyant le puits où se jetèrent tant de gens pour tenter d'échapper à la mort. Un haut mémorial de grès rose en forme de flamme se dresse au centre du jardin et un petit musée a été édifié sur place.

 

Haut de page Photos d'Amritsar
Page d'accueil
(home page)