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En voyageant en Inde, on découvre d'innombrables scènes de vie pittoresques qui attirent le photographe. Nous vous présentons, dans ce long chapitre divisé, un peu arbitrairement, en parties différentes, un bon nombre de photos (pas toujours impeccables...) qui, nous l'espérons, sauront vous distraire.

Les quelques commentaires, ci-après, sont donnés en guise d'introduction.

Les artisans et les petits commerces

Ils sont innombrables ! En effet, la vie en Inde est difficile. Songeons que le dernier recensement début 2001 a confirmé que la population de l'Inde atteint un milliard de personnes et que l'agriculture, bien qu'occupant encore une large part de la population (dans les 40 %), ne suffit pas à fournir du travail (et encore moins de la terre) à tous.

L'urbanisation est donc extrêmement rapide et elle génère d'innombrables petits métiers de l'artisanat et du commerce. En y ajoutant les artisans et commerçants des villages, pas étonnant que l'Inde déborde d'activité.

Mais malgré l'esprit inventif de ceux qui n'ont pas grand chose et qui luttent simplement pour subsister, la gamme des occupations ne peut être infinie. On se demande donc comment ces innombrables petits boutiquiers arrivent à s'en sortir...

Une caractéristique des villes est la propension des corps de métiers à se regrouper par quartiers, ou par rues, en tout cas ensemble. Il ne faut pas y voir quelque volonté de rendre service au client qui trouvera dans la même rue tous les bijoutiers ou tous les potiers. Ce clivage spacial n'est rien d'autre que la conséquence du découpage de la société indienne depuis des siècles, sinon des millénaires, en castes, sous-castes, et sous-sous-castes. Et chacun sait que selon la tradition, lorsque l'on naît dans une sous-caste donnée, on exercera tel métier. Evidemment, avec le développement de l'instruction, ce mode de fonctionnement de la société tend à évoluer, surtout dans les villes.

Certes, le système des castes est en principe illégal, mais il a la peau dure, et encore de beaux jours devant lui.

Sur la route

Malgré les inconvénients de fatigue et d'inconfort dus à la circulation quelque peu erratique, les déplacements routiers constituent des occasions à ne pas manquer pour vivre des expériences uniques et assister à des spectacles toujours renouvelés.

Il n'a pas vécu l'inracontable celui qui n'a pas attendu à un passage à niveau pendant 15 à 30 minutes, suant et pestant contre les camions, les charrettes tractées par des dromadaires placides , les deux-roues, etc. Et tout ce petit monde vous double, d'abord en seconde puis en troisième, puis en quatrième position, obstruant toute la route et ses bas-côtés réels ou virtuels, alors que dans le même temps, de l'autre côté du passage à niveau, le même drame se joue....

Puis le train passe, ferraillant et sifflant longuement; et quand le garde-barrière, que l'on a haï pendant toute cette attente, apparaît enfin et remonte les barrières en ahanant sur sa crémaillère, on sent un frémissement, souligné de lourdes volutes de fumée noirâtre éructée par les pots d'échappement.

Enfin, la masse s'ébranle et l'on se demande comment ça va passer. Eh, bien, ça passe, et l'on se prend à croire à la toute-puissance des dieux de l'Inde...

Partout, sur les routes indiennes, c'est le spectacle de la vie. La vie qui lutte avec pauvreté et dignité. Les paysans dans les champs, qui pataugent dans la boue des rizières en guidant leurs massifs buffles noirs, les femmes qui travaillent comme des bêtes de somme toute la journée, portant fagots de bois, lourdes poteries, et malgré tout, parées de tissus chatoyants et souriantes aux voyageurs. Ou bien encore, ce sont les enfants en uniforme, qui parcourent des kilomètres sur leurs petites jambes, pour aller s'asseoir dans la cour de l'école, car la classe se fait souvent sous les arbres...

Parmi les rencontres particulières, on se remémorera les villages entiers de nomades qui se déplacent, avec entassés sur les charrettes, charpois (lits de corde tressée), coffres, ustensiles de cuisine, enfants hilares, pendant que suit le troupeau, guidé par les hommes. Ou bien encore, ces forgerons d'une caste particulière, qui s'installent avec tous leurs maigres biens, pour quelques temps, en bordure des routes, dans les bourgades.

Les gens

Une maman fière de montrer son petit garçon Nous avons choisi de regrouper, en grande partie dans le chapitre consacré aux enfants, ainsi que dans celui des scènes de rue, quelques photos de personnes rencontrées au hasard des voyages. Sous toutes les latitudes, les enfants, en particulier, nous émerveillent toujours, quel que soit leur mode de vie, par leur vitalité et leur beauté naturelle. D'autre part, il est bon que l'on rende quelque hommage aux femmes de l'Inde. Femmes si dignes malgré la gêne ou la misère, femmes des campagnes écrasées sous les fagots de bois, les pots à eau en laiton ou les lourdes jarres de terre, pour transporter l'eau précieuse depuis le puits parfois bien distant... Femmes éclatantes de couleurs dans leurs vêtements traditionnels, surtout au Rajasthan, et plus encore les jours des fêtes ! Femmes allant aux champs parées de colliers d'argent qui constituent toute leur dot, bien souvent la seule chose qui leur appartienne en propre.

La réalité sociale en Inde accorde aux femmes une place ambigüe. Selon les textes de la Tradition, la femme, élément créateur du couple, doit être vénérée à l'égal de la Déesse, la Shakti compagne de chaque Dieu (sur les dieux, on lira au minimum le chapitre des "généralités" du site de Ganapati).

Mais, en même temps, la femme demeure totalement subordonnée à l'homme. Pendant longtemps, les veuves ont été très mal vues, pour ne pas dire exclues de la communauté.

La Tradition ne reconnaît pas pour les femmes la possibilité de suivre une voie de recherche spirituelle. Les rares femmes qui prennent le sannyas suivent une voie tantrique, donc non conforme aux usages Védiques. Et bien qu'il se soit largement écarté des préceptes védiques (par exemple en ne reconnaissant pas le système des castes - varna) pour définir une nouvelle voie, le Bouddha lui-même n'admit de moniales que tardivement et dans le cadre d'ordres laïques et mineurs.

De là à ce que nous qualifiions la société indienne de machiste (selon nos critères), il n'y a qu'un pas. Elle est en tout cas patriarcale.

Tant qu'elle est jeune, la fille reste soumise à ses parents. Très proche de sa mère, elle apprend d'elle tout ce qu'il faut savoir pour "tenir une maison", dans le respect absolu et indiscuté de la primauté masculine. C'est ainsi que la jeune fille doit également obéissance à ses frères qui, pour leur part, ont la responsabilité de veiller sur elle.

Puis, avec l'adolescence, vient le temps de rechercher un mari. Dans l'immense majorité des cas, ce sont les parents qui recherchent et acceptent le futur mari (il en est de même pour ceux qui ont un fils et qui recherchent pour lui une épouse).

Les parents des jeunes gens veulent, en effet, pour leur fils, un parti satisfaisant du point de vue de la compatibilité des castes, des horoscopes et, bien entendu, de la dot. Il est ruineux d'avoir des filles en Inde, car les parents doivent les doter et les futurs beaux-parents ont souvent les dents longues. Il n'est pas rare que les parents, s'ils sont de petits cultivateurs, par exemple, s'endettent, pour marier leur(s) fille(s), jusqu'à la fin de leurs jours, ou bien doivent céder leur parcelle à l'usurier, ou à un notable du village...

Dès qu'elle est mariée, la jeune femme passe sous la coupe de sa belle-mère à qui elle doit toute obéissance..., jusqu'à ce qu'elle même devienne belle-mère. En effet, une fois le mariage célébré, le jeune couple va le plus souvent vivre sous le toit des parents du jeune mari. La notion de famille, en Inde, est très étendue : il n'est pas rare que, dans la même maison, cohabitent trois générations. La jeune femme nouvellement mariée entre dans une nouvelle famille et elle ne reverra plus ses parents que très occasionnellement. Elle est désormais sous l'autorité de son mari, bien entendu, mais aussi de sa belle-mère pour tout ce qui concerne les affaires du foyer. Son mari, quant à lui, doit toujours respect et obéissance à son père...

Ce schéma traditionnel reste encore très vivant dans les campagnes et petites villes. Mais les jeunes gens qui ont bénéficié d'une scolarisation avancée (grâce à des parents déjà eux-mêmes instruits), commencent à infléchir les modalités des mariages. Alors qu'auparavant il était exclu que les fiancés se rencontrent avant le mariage, la pratique d'une présentation se répand de plus en plus. La jeune fille (a fortiori le jeune homme) peut aussi récuser le parti qu'on lui propose.

L'évolution des moeurs et aussi, bien entendu, l'exiguité des logements en ville, font que les nouveaux couples, s'ils ont accès à un bon niveau de vie, rechercheront un petit appartement, pour ne plus être sous les contraintes de l'autorité parentale. Mais il n'est pas rare, dans les jeunes couples qui n'ont pas un revenu suffisant, que la jeune femme aille vivre à la campagne chez ses beaux parents, tandis que son mari restera, pendant des années, parfois pendant toute la vie professionnelle, à de rares coupures près (le temps de faire des enfants), en ville pour gagner l'argent du ménage.

Ajoutons que le jeune adulte a, non seulement l'obligation de subvenir aux besoins de son ménage, mais qu'un soutien financier aux parents, surtout s'ils sont âgés, est attendu de lui. Ceci pour dire que si la situation sociale de la femme en Inde n'est pas facile, celle de l'homme ne l'est guère non plus...

On aurait cependant tort de penser que la femme indienne est généralement malheureuse de sa condition, dans des modalités de vie dont ses consoeurs occidentales seraient fort insatisfaites. Il ne faut pas sous-estimer le poids des traditions, l'autorité acceptée du mari ou de la belle-mère. N'oublions pas que l'Inde est un pays aux 600 000 villages où réside encore un bon 50 % de la population. Quant aux citadins, beaucoup d'entre eux se considèrent comme des villageois déracinés. Ajoutons l'illétrisme encore très fréquent chez les femmes, et l'on comprendra qu'il ne faut pas apprécier la réalité sociale en Inde avec nos paramètres...

On en apprendra plus sur la société indienne en lisant les textes de d'introduction de ce site.

 

 

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