Société et religion en Inde
Introduction
Même si l'on aime l'Inde, et c'est mon cas, ce n'est pas un pays facile. Je n'ai pas, ici,
cherché à gommer les dures réalités sociales. Mon propos n'est pas d'écrire un dépliant touristique de plus, plein de
superlatifs extasiés. Je sais d'avance que certains lecteurs seront choqués et que j'aurai des mails de protestation. Comment, l'Inde n'est que cela
pour vous ? Je réponds par anticipation : non, l'Inde n'est pas que cela pour moi, puisque j'y retourne toujours et avec autant d'attirance et de fascination.
Mais l'Inde est aussi cela et ce n'est pas une raison pour la fuir. Bien au contraire, j'y vois des raisons supplémentaires
pour en éprouver de la compassion, de la tendresse.
Le long chapitre présenté ici propose donc au lecteur une
série de textes un peu disparates sur divers aspects de la vie sociale, culturelle et religieuse indienne.
Reflets de notre expérience limitée, ces textes ne prétendent ni être complets, ni
être impartiaux. S'ils peuvent aider certains à comprendre plus rapidement dans quel Univers ils sont
arrivés, ils auront atteint leur but.
Les touristes qui voyagent en groupe, pris en charge par un guide dans le cadre d'un horaire minuté,
descendant dans des hôtels cinq étoiles, ont peu de chance de connaître l'Inde réelle. Passant
comme des météores, ils auront collecté de belles photos et recueilli
des impressions fugaces et superficielles. Loin de moi l'intention de critiquer les voyages organisés. Ce n'est pas
le voyage organisé en tant que tel que je vise, mais la courte durée qui ne permet pas que le visiteur, malgré tous les efforts de
guides-accompagnateurs le plus souvent compétents et sympathiques, puisse réellement appréhender un pays aussi complexe que l'Inde. De
surcroît, la plupart des touristes voyageant ainsi ne viennent qu'une seule fois en Inde, pour peu de temps, 10 à 15 jours,
de préférence au Rajasthan. Ainsi, ils "feront" (quel affreux terme !) un pays nouveau chaque année.
En revanche, le touriste qui se rend seul en Inde a de bonnes raisons d'être désorienté : la foule énorme des grandes
métropoles, la promiscuité, la saleté environnante, la pauvreté extrême, la circulation anarchique et polluante, exigent une
bonne dose d'acceptation. On ne peut se sentir bien en Inde que si l'on veut s'y immerger. L’immensité du pays, les parcours interminables en train, en
car, concourent à renforcer le sentiment que l'on est une minuscule fourmi dans cette gigantesque fourmilière d'un milliard d'habitants.
Passée la période d'acclimatation et même si l'on conserve quelques irritations quand les choses vont trop lentement ou pas comme on
le voudrait, vient la découverte authentique. Certes, pour communiquer avec les gens, la pratique de l'anglais, même élémentaire,
est indispensable. L'on constate alors que les Indiens sont souvent curieux des étrangers, qu'ils apprécient particulièrement que l'on s'intéresse à leur culture. Visiter les temples en essayant de s'y sentir à l'aise et en se comportant respectueusement permet, par exemple,
des contacts réels et spontanés : partage du prasad, discussions sur les différentes croyances, explication des coutumes, etc.
L'auteur est spécialement familier de la culture et de la religion Hindoue. Le lecteur voudra donc bien excuser que les spécificités des
autres groupes (Musulmans, Chrétiens, Bouddhistes, Jains, Sikhs, Parsi, Juifs) ne fassent pas l'objet d'analyses particulières.
De même, malgré son intérêt, a été délibérément écartée toute analyse politique
en raison des polémiques qu'elle pourrait entraîner.
Dans la partie relative à l'Hindouisme, l'utilisation de termes sanscrits est inévitable pour présenter des conceptions qui n'ont
pas d'équivalent dans notre langue. Nous avons fait notre possible pour en donner des définitions simples.
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