Goa

Histoire de Goa François Xavier L'Inquisition
Les sites à visiter Goa Velha Loutolim
Ponda Tambdi Surla Chandor

Avis à tous ceux qui aimeraient bien trouver dans ce chapitre de quoi alimenter leurs fantasmes de plage, bronzette, fumette, fruits de mer, et que sais-je... Allez visiter un autre site ! Nous, on s'intéresse à la culture indienne. Pendant longtemps, nous ne sommes pas allés à Goa, justement parce que Goa, c'est l'Inde mais pas tout à fait l'Inde, puisque la colonisation portugaise a laissé des traces plus qu'évidentes et qu'elle a tenté, sans succès, d'éradiquer la religion et la culture locales.

Et puis, début 2006, on s'est dit qu'il était temps d'aller jeter un coup d'œil. Nous avons donc pris le Konkan express qui nous a mené de Mumbay à Madgaon, la deuxième ville de Goa.

Quelques éléments d'histoire

Le passé colonial de Goa marque de son empreinte indélébile les paysages, les monuments, et les gens, bien entendu, à travers les patronymes, l'habillement, les coutumes, et, pour une part d'entre eux, la religion (près de 30 % de chrétiens). Cependant, malgré les 450 années d'occupation portugaise, cette langue n'est guère parlée que par 3 à 5 % de la population, dans les classes supérieures.

La conquête

Eglise de l’Immaculée Conception, (Larja Igreja), Panjim Le 26 Février 1510, Alfonso de Albuquerque, Gouverneur des Indes Portugaises, à la tête d'une flotte de plusieurs navires, jette l'ancre au large de Goa. Le lendemain matin, il débarque; les mercenaires ottomans qui gardent la ville pour le compte du sultan de Bijapur se rendent. Les habitants hindous offrent la reddition de la ville. Le 4 Mars, Albuquerque, avec ses 1000 soldats portugais assistés de 200 soldats malabars prend possession de Goa. Son premier soin est de réparer les fortifications puis il installe un atelier de monnaie qui entre bientôt en service.

A l'époque, Goa est sous la souveraineté des sultans de Bijapur, et ceci depuis le démantèlement du sultanat de Bahmanî en 1482. Yusuf Adil Shah lève une armée et marche sur Goa. Les fortifications n'ont pas pu être suffisamment remises en état. Aussi Albuquerque, malgré une âpre résistance, est-il forcé d'abandonner la partie. Adil Shah, à la tête de 50000 hommes, reprend le contrôle de Goa le 20 mai 1510.

Mais il est trop tard pour les portugais pour retourner vers l'Europe. La mousson bloque leurs navires dans l'estuaire de la Mandovi où ils sont exposés aux canonnades de leurs ennemis. La ténacité d'Albuquerque lui permet cependant de résister jusqu'au moment où il peut enfin s'échapper, le 16 août 1510. Des renforts arrivent enfin de Lisbonne. A la tête de 23 navires et 2000 hommes, Albuquerque attaque de nouveau Goa le 25 novembre 1510 et l'emporte. Il autorise ses soldats à piller la ville pendant trois jours et fait passer toute la population musulmane par le fil de l'épée.

Peu après la conquête, divers émissaires de royaumes indiens voisins viennent signer des traités d'alliance. Mais, pendant les deux années qui suivent, Goa reste en proie aux attaques incessantes mais sans succès du Sultan de Bijapur. En 1512, celui-ci fortifie Benasterim, un point de passage obligé dès que l'on quitte Goa par voie terrestre. Albuquerque, qui revient juste de Malacca (Malaisie), attaque cette forteresse et la conquiert après plusieurs jours de bataille.

Il n'aura dès lors de cesse de consolider cette victoire en faisant construire plusieurs forteresses. Il meurt à Goa le 15 décembre 1515 où ses restes sont ensevelis avant d'être ultérieurement transférés vers sa terre natale.

Réputé pour être impitoyable avec ses ennemis, il laisse l'image d'un homme avisé, déléguant les pouvoirs administratifs aux mains des autochtones et encourageant les mariages de ses soldats avec des femmes du pays (l'histoire ne dit pas si elles étaient vraiment d'accord...).

En 1530, Goa prend le statut de capitale de l'Inde Portugaise, à la place de Cochin. En 1534, la ville devient le centre principal de l'Eglise catholique romaine pour l'Inde. En 1557, Goa devient archevêché et, pour cette occasion, on débute en 1562 l'érection de l'église Ste Catherine. C'est justement à cette époque, en 1542, que François Xavier arrive à Goa et admire déjà la beauté de la ville.

L'expansion

Dès 1543, Goa s'agrandit par l'annexion de deux territoires limitrophes : Bardez et Salcete. L'Inquisition débarque en 1560 et n'aura pratiquement plus de cesse jusqu'en ...1812, après le débarquement de l'armée britannique et son occupation de Goa.

L'apogée de la prospérité de Goa est atteint entre 1575 et 1625. Goa est devenue la capitale d'une empire colonial qui s'étend du Mozambique au Japon et qui contrôle le commerce maritime par l'Océan Indien. C'est la période dorée, celle qui voit un enrichissement formidable de la ville et son développement (jusqu'à 200000 habitants).. Nombreux sont les monuments, surtout des églises mais aussi de riches demeures, construits ainsi au 17ème siècle.

Des marchandises de tout l'Orient (Chine, Malaisie, etc.) sont importées et réexportées, perles, corail, porcelaines, soieries, épices de toutes sortes et drogues. Ce commerce se double d'une face plus sombre, le commerce des esclaves.

Le déclin

Il va venir des ambitions hollandaises qui, à plusieurs reprises (1603 et 1639), organisent le blocus maritime de Goa, empêchant l'activité économique et accélérant la décadence. Mais les innombrables marais qui entourent la ville sont un environnement malsain dans lequel se propagent les maladies tropicales, et surtout le paludisme. Ainsi, une grave épidémie ravage la ville en 1635.

Voyant les profits énormes des activités commerciales, les Jésuites s'accaparent progressivement le commerce qu'ils finiront par monopoliser. La paupérisation d'une partie de la population s'ensuit.

Hormis les Hollandais, les attaques contre Goa se poursuivent, par les Marathes, puis les Moghols. La paix est signée avec les Marathes en 1759.

C'est à ce moment là, en 1760, que Goa Velha est abandonnée et que le siège du gouvernement est transféré à Panjim. Il faut dire que la période glorieuse est bien passée. Ainsi, entre 1695 et 1775, la population de Goa a fondu, passant de 20000 à 1600 habitants. Le déclin se poursuivra tellement qu'en 1835, Goa n'est plus habitée que par des prêtres, et des moines.

Néanmoins, les Portugais poursuivent l'expansion du territoire par l'annexion de Ponda, Quepem, Sanguem et Cananona (1763), puis de Pernem, Satari et Bicholim en 1788.

Au nombre des facteurs qui entraînent progressivement le déclin de Goa, on ne saurait oublier les méfaits de l'Inquisition. La population autochtone fuit en nombre, terrorisée. Car l'Inquisition frappe tous ceux qui ne sont pas de "bons catholiques" : les hindous, évidemment, mais aussi les musulmans (ceux qui n'ont pas encore été massacrés), les juifs et, aussi étonnant qu'il y paraisse, les anciens chrétiens de rite syriaque établis ici depuis 1000 ans ou plus.

Malgré les coups portés, Goa restera aux mains des Portugais jusqu'au 17 décembre 1961 lorsque l'armée indienne l'envahit et met fin à l'occupation étrangère, réintégrant ce territoire dans l'Union Indienne.

François Xavier

François Xavier et Jesus Vénéré comme le saint patron local, François Xavier, dit Goencho Saib par les pauvres, qui l’aimaient et le respectaient, domine le passé de Goa malgré le peu de temps qu'il y vécut. Né dans le Pays basque Espagnol en 1506, il fit une partie de ses études à Paris. Ayant été ordonné prêtre en 1537, en même temps que son ami, Ignace de Loyola, ils se rendirent tous deux en 1538 à Rome où ils en vinrent à mûrir le projet de créer un nouvel ordre : ce fut la Société de Jésus.

François Xavier part pour Goa le 7 Avril 1541. Le voyage jusqu’en Inde est long et périlleux. Le 6 Mai 1542, il débarque à Goa, où sévit la loi férocement maintenue par l'armée du Roi Jean, avec le titre de Nonce Apostolique. Bien que les lettres qu'il tient de Rome, et l'aval du Roi du Portugal Jean III lui donnent pleins pouvoirs sur les fidèles et les infidèles de l'empire colonial du Portugal, il se met immédiatement au service des pauvres par son aide infatigable aux malades et mourants de l’hôpital. Il prêche et enseigne (il songe aussi à former un clergé indigène.) dans la petite église de Notre-Dame du Rosaire proche de l'hôpital, mais personne, dans la population des hindous de Goa, ne comprend le Portugais. Aussi, les gens apprécient-ils surtout son évidente bonté, son dévouement, et sa frugalité. La plupart appartiennent aux basses castes, méprisées et maltraitées de tous. Déjà à l’époque, le moteur de la conversion de l’hindouisme vers le christianisme est le désir de sortir d’une très basse caste. Rien n’a changé depuis. François-Xavier, malgré ses qualités, ne comprend pas la religion hindoue et ne cherche aucunement à en apprendre quelque chose. Pour lui, les indigènes sont des "adorateurs du diable" qu'il faut ramener à la "vraie foi". Il se heurte, par méconnaissance totale, aux pratiques des brahmanes

En même temps, François Xavier se rend compte des mœurs dépravées des riches Portugais de la bourgeoisie locale. Il en conçoit une grande tristesse et c’est ce qui le pousse à écrire au Roi pour lui demander la venue de l’Inquisition sur le territoire.

Il ne se passera en fait que sept mois pour son premier séjour à Goa. Il indispose et le Vice-Roi a tôt fait de le charger d’une mission d’évangélisation dans le sud, jusqu’au Cap Comorin. Il part via Cochin le 20 Septembre 1542, accompagnés de trois clercs parlant Tamoul. Il rencontrera donc un très bon accueil des populations de pêcheurs; leur état misérable et leur très basse caste en font des recrues chrétiennes faciles.

C’est à son retour en octobre 1543 qu’il apprend la création, par décret du Pape Paul III, de la Compagnie de Jésus. Son ami Ignace de Loyola en devient premier Général.

Il continue pendant trois années ses prêches et son activité d’évangélisation, convertissant quelques milliers de personnes. Le bilan est somme toute modeste pour un homme de cette trempe, mais la barrière de la langue et les missions dont il est chargé dans diverses parties du sud le freinent sans doute. Ses nouvelles communautés chrétiennes sont également en butte à l'hostilité générale.

Falaise et lac de BadamiC’est alors qu’il est envoyé au printemps 1545 à Malacca. C’en est provisoirement fini pour l’Inde. Il visitera divers pays, jusqu’au Japon, et ne retournera à Goa qu’en 1552 pour quitter presque aussitôt ce territoire pour la Chine où il mourra le 3 Décembre 1552.

Il sera canonisé plus d’un siècle plus tard, en 1662, en même temps qu’Ignace de Loyola. Son corps avait été ramené de Chine par des fidèles et on constata qu'il ne se modifiait pas après la mort. Cette qualité d'incorruptibilité fut une raison de plus lors du procès en canonisation.

On a parfois imputé à François Xavier la responsabilité d’avoir introduit l’Inquisition à Goa. Il est vrai qu’il fut l’initiateur de la demande. Mais d’une part, il ignorait les terribles dérives que cette redoutable institution, créée en 1536, à l'instigation de Charles Quint, le puissant roi d'Espagne, allait introduire dans ses pratiques, d’autre part l’Inquisition ne débarqua à Goa, avec ses instructeurs et prélats spécialisés, qu’en 1560, huit ans après sa mort.

L'Inquisition

Les méfaits de l’Inquisition n’ont parait-il jamais été aussi horribles dans toutes les possessions coloniales portugaises qu’à Goa. Les minutes de quelque 40000 procès ont été répertoriées dans les archives de cette détestable institution. Arrestations arbitraires, tortures sadiques diverses, condamnations capitales ou à des supplices horribles, étaient le lot de la plupart des accusés. Les accusations de "crimes" imaginaires concernaient les cas suivants : blasphèmes, impiété, sodomie, nécromancie et sorcellerie. Pour faire avouer les accusés, les Inquisiteurs utilisaient diverses méthodes, telles que :

- La torture par la corde : elle consistait à attacher les bras de la victime dans le dos et à les accrocher à une poulie. A plusieurs reprises, on hissait la victime pour ensuite la laisser retomber (sans qu'elle touche le sol). Il en résultait l'étirement puis la dislocation des bras.
- La torture par l'eau : elle consistait à faire boire de force une grande quantité d'eau à la victime allongée en travers sur une barre de fer.
- La torture par le feu : elle consistait à accrocher la victime au-dessus d'un feu, en sorte qu'il lui grille les pieds préalablement badigeonnés de lard ou autre matière combustible.

Beaucoup mourraient sous la torture car chaque séance durait une bonne heure. Leurs restes étaient alors brûlés lors des autodafés.

Si les accusés ne se repentaient pas de leurs crimes, leurs condamnations étaient diverses mais souvent extrêmes : mort sur le pilori, par garrot ou encore condamnation au bûcher lors d'autodafés collectifs, par exemple 1208 victimes de 1666 à 1679. Bien entendu, les biens des personnes étaient confisquées, puis mises à la vente aux enchères.

Le cas des temples hindous et de leurs propriété terriennes est différent. L'édit de 1542 donna au Vice-Roi la possibilité de détruire tous les temples. Quant à leurs terres, elles furent confisquées et attribuées aux églises construites sur l'emplacement des temples abattus. Diego Rodriguez, surnommé le Destructeur de temples s'y employa avec une grande efficacité puisque, dans les "vieux territoires", ceux qui constituent le noyau dur de Goa, plus un seul temple ne fut épargné.

En 1774, à l'instigation du Marquis de Pombal, le Roi Dom Juan I accepta de supprimer l'Inquisition. Hélas, ce répis ne dura pas. Le roi mourut peu après et la reine Donna Maria I rétablit l'Inquisition, avec toutes ses prérogatives, en 1779. Son abolition, comme on l'a dit, eut lieu en 1812 seulement, lors de l'occupation de Goa par les Britanniques.

Les lieux à visiter

Les monuments de Velha Goa

Le premier site d'implantation des Portugais, à l'époque d'Albuquerque, à 8 km de l'actuelle capitale Panjim, a compté jusqu'à 200000 habitants. Mais il fut abandonné en 1760 pour cause d'insalubrité (paludisme), en sorte que le groupe des bâtiments religieux n'y est entouré désormais que de jardins et forêts secondaires.

Basilique Bom JesusLe premier monument est la basilique de Bom Jesus, datant du 16ème siècle (construite entre 1594 et 1605). L'aspect extérieur, de style manuélin, assez sombre, est sobre. A l'intérieur, tout change, avec les dorures et profusions de surcharges décoratives propres au style baroque. On y est, entre autres, assez stupéfait par le grand retable doré qui représente Ignace de Loyola, les yeux levés vers le ciel, plus grand que nature, alors qu'à ses pieds, figure un tout petit Enfant Jesus. Bonjour la modestie des Jésuites de l'époque !! Dans une chapelle transversale, le sarcophage en argent et bronze décorés (1665) de François Xavier (1506-1552, mort à Canton, Chine), perché sur un gigantesque socle de marbre importé d'Italie, n'est pas davantage un modèle de simplicité monacale. Le corps embaumé repose dans un cercueil de verre à l'intérieur du sarcophage. La coutume était autrefois de l'exhiber périodiquement à l'adoration des foules. Un peu plus loin, on remarque une Vierge à l'Enfant également dorée.

Pour 2 Rs, on visite à l'étage un musée exposant des statues en bois (non datées) de Saints puis une impressionnante série de peintures morbides - même pas belles... On en ressort vite fait.

On traverse l'esplanade pour se rendre dans la cathédrale Ste Catherine, dite la Se (prononcer Sé), dédiée à Ste Catherine d'Alexandrie, édifiée au 17ème siècle (1631). Les Portugais construisirent une première église à cet endroit, puis une seconde, plus vaste, au même endroit, en 1515. Elle devint cathédrale en 1538 avec la création du diocèse de Goa. Le monument actuel fut érigé entre 1562 et 1652 par décision du Vice-Roi.

Eglise de St François d'AssiseSon architecture extérieur mêle le style toscan (Renaissance) et le style dorique alors que l'architecture intérieure s'inspire du style corinthien. à l'origine l'édifice comprenait deux tours mais celle du nord s'effondra en 1776. La tour sud abrite une très grosse cloche surnommée "la cloche d'or". L'intérieur contient de très belles chapelles richement décorées. L'édifice est très grand, très blanc, sauf les parties dorées au-dessus de l'autel. Cet édifice est toujours la seule cathédrale de Goa. Son style, assez différent des autres, serait plutôt Renaissance. Cette église accueillit pendant très longtemps le Siège du primat des Indes, c'est à dire de l'autorité suprême catholique en terre indienne.

Le couvent et l'église Saint François d'Assise furent fondées en 1521 par les franciscains (ordre dont François d'Assise, né en Italie en 1181, était le Saint Patron) qui débarquèrent à Goa en 1517, peu de temps après la conquête Albuquerque, début de l'occupation coloniale. Elle fut reconstruite en 1661 dans le style toscan pour l'extérieur et dans le style corinthien pour l'intérieur ; c’est le style "baroque goanais". En 1835 le couvent fut fermé par les portugais et les moines expulsés. Depuis 1964, il abrite le musée archéologique. On peut y admirer des peintures et des fresques bibliques. Des six chapelles d'origine, il n'en reste que trois. Une statue en bois de Saint François d'Assise se trouve dans l'une d'elles. Elle est maintenant désaffectée et on remarquera les fresques polychromes de l'entrée. Au sommet du retable, François d'Assise embrasse le Christ en croix.

Dans un bâtiment adjacent, autrefois le couvent, on pénètre dans le musée (5 Rs), créé en 1964. Est d'abord présentée une médiocre série de peintures de dignitaires importants de l'époque. La partie archéologique, qui aurait pu justifier cette visite, est malheureusement en réfection (janvier 2006).

Loutolim

On y visite une belle et grande maison ancienne bourgeoise, la Casa Araujo Alvarez, de 250 années d'existence. Beaucoup de meubles polis par les ans et les soins d'innombrables générations de domestiques. Vaut la visite.

Juste en face, au flanc de la petite colline, parmi la végétation tropicale, on visite un amusant jardin dans lequel ont été reconstituées des scènes d'autrefois : fabrication de la liqueur de cajou, défibreur de noix de coco, potier, barbier, etc. Des jeune filles fournissent gracieusement quelques explications. Au cours de la visite, on passe dans la grotte artificielle de l'empreinte du Big Foot (Pied Géant) qui serait, dit-on, un lieu miraculeux. Les visiteurs sont conviés à poser leur pied (nu) sur ladite empreinte tout en prononçant à voix basse un vœu. Un Shiva Divinité de la Transformation bleu auréolé domine la scène. Un peu plus loin, une sculpture dans le rocher de latérite représente la poétesse Mirabai qui, en son temps (16ème siècle), fut une adoratrice du Dieu Krishna Avatar de Vishnu. Cette sculpture est taillée à plat sur le sol et mesure 14 mètres de longueur.

Quelques oiseaux et animaux domestiques s'ennuient dans des cages. Un petit magasin propose la pacotille locale.

Ponda et alentours

Temple de Shanta DurgaC'est dans les environs immédiats de Ponda que se trouve la plus grande concentration des temples hindous reconstruits au 19ème siècle, une fois que l'emprise de l'Inquisition s'est enfin relâchée. Ainsi, le premier de ces temples est le temple de Mahalakshmî Déesse parèdre de Vishnu, réédifié en 1818 seulement, après une lutte politique acharnée. Ces reconstructions ont généralement été réalisées sur des sites différents de ceux où s'élevait jadis le temple d'origine.

Le style des uns et des autres est assez homogène. Il se caractérise par deux aspects principaux :

- Un deep-mala ou grande tour porte lampes, illuminée de centaines de lampes lors des fêtes principales comme Dusserah. On dit que cette construction, dans la cour devant le temple, est d'influence Marathe Dynastie du 18ème siècle
- Un dôme de style plus ou moins Moghol (on voit la même chose au Maharastra voisin), au-dessus du sanctuaire, à la place du shikhara Tour du temple.

Vue d’ensemble du temple de SaptakoteshvaraLes temples principaux sont les suivants :

1. Le temple de Shanta Durga, dans laquelle les non-hindous peuvent pénétrer. Les prêtres semblent tout à fait indifférents, mais les photos sont néanmoins interdites à l'intérieur. C'est un grand temple : bien qu'ancien, il a été rebâti au 19ème siècle par le petit-fils de Shivaji. Après un vaste hall d'entrée, succède un mandapa Hall d'entrée du temple à colonnes modernes. Au plafond, pendent des lustres à pendeloques de cristal importées de Belgique.

On retrouve cette disposition générale dans presque tous les temples visités à Goa, preuve, s'il en est, que les Portugais ont tout détruit avant le 18ème siècle. Le sanctuaire est précédé de portes d'argent aux nombreux motifs sculptés, parmi lesquels on reconnaît des Dvarapala. La divinité apparaît au loin dans sa cella, mais l'on n'en voit pas grand chose.

2. Le temple de Ramnath.

3. Le temple de Mahalakshmî. Au fronton de l'entrée, la déesse est curieusement représentée avec un sabre et un bouclier.

4. Le temple de Nageshi. Il porte également le nom de Saunsthan Nagesh Maharudra. Dans la cour a été érigée une haute tour porte lampes (deep mala), bien décorée, dans un style local spécifique. Vers l'arrière du temple, le bassin des ablutions est bordé d'un joli bois d'aréquiers. On aperçoit un Ganesh Dieu à trompe d'éléphant dans une petite chapelle.

5. Le temple de Maguesh, dédié à Shiva

Bien entendu, on pourra en visiter d'autres dans diverses localités, par exemple deux temples dédiés à la déesse Lakshmî à Marcela, ou encore le petit mais rare temple de Sri Gopala Ganapati à Farmagudi, près de Bandivade (Ponda taluk). La légende que la murti de pierre d'origine aurait été découverte par des bergers et que l'on construisit un oratoire sur place. En tout cas, celle qyui est honorée de nos jours est en métal et fut consacrée en 1966.

Chandor

Maison Braganza de Menezes

Maison Braganza de MenezesDans cette localité à 15 km à l'est de Madgaon, on visite une bien intéressante maison bourgeoise ancienne, la Menezes de Braganza. C'est une immense vieille demeure du 16ème siècle et plus. Un membre de la famille y fait office de guide et mène le visiteur dans les différentes pièces meublées de meubles anciens, jusqu'à 400 ans, parait-il. Les plafonds peints souffrent de l'humidité du climat. Certaines vitrines sont encombrées de donations sans intérêt. Très beaux lustres belges. On ne visite ni la cuisine ni la partie droite du vaste bâtiment, occupée par une autre branche de la famille. Donation sollicitée pour l'entretien des lieux.

 

Tambdi Surla

Temple de MahadevC'est loin vers l'est, à l'échelle de Goa, dans un lieu assez désert tout proche de la frontière avec le Karnataka, dans la Réserve Nationale de Molem. On peut s'y rendre en voiture de louage (parking à 100 mètres du temple). Le temple de Mahadev date du 13ème siècle. C'est le seul temple (à notre connaissance) qui montre, à Goa, une architecture vraiment ancienne et vraiment autochtone, sans influence occidentale. Les Portugais ont détruit tout le reste; celui-ci en a réchappé car il était trop loin de leurs bases et planqué dans les profondeurs de la forêt. C'est un temple de petites dimensions, dans le style kadamba, et orienté Est-Ouest. Sa pierre de basalte noir écrase les détails sous le soleil de plomb. Le mandapa est caractérisé par des piliers ouvragés à section carrée avec des décrochements, si fréquents au Karnataka central. Au centre du mandapa, sur un socle circulaire légèrement surélevé, trône un Nandi Taureau monture de Shiva abîmé tourné vers la cella. Le plafond à caissons est joliment orné de fleurs de lotus de pierre. Encadrant l'entrée de la cella, un mur à claustras (jali) est percé de niches abritant des statuettes, parmi lesquelles on reconnaît Vishnu Dieu du Maintien de l'>Univers, Durgâ Déesse terrible, Nagaraja et Ganesh.

Dans la cella, est placé un Lingam que l'on peut photographier.

Le court vimana Petite tour du temple est orné de statuettes sur trois de ses faces. De loin, on les reconnaît mal.

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